Et si les meilleures chansons naissaient parfois en cinq minutes, entre un verre de whisky, une guitare acoustique et un disque de Spiritualized ? C’est en tout cas dans ce décor presque cinématographique qu’est né « The Game », le nouveau single de Dream Robbery.
Originaire de Yeovil, dans le Somerset, le trio britannique poursuit son petit bonhomme de chemin avec un rock qui ne cherche pas vraiment à choisir entre la lumière et les ténèbres. Guitares abrasives, mélancolie brumeuse et voix chargées d’émotion : chez Dream Robbery, tout semble constamment sur le fil.
L’histoire de « The Game » mérite qu’on s’y attarde. Le morceau a été écrit en une seule soirée, alors que le chanteur du groupe se retrouvait seul à son bureau, avec un verre de whisky, une guitare acoustique, du papier et un stylo-plume. Sur la platine tournait Ladies and Gentlemen We Are Floating in Space de Spiritualized.
Cinq minutes plus tard, la chanson était là.
Mais derrière cette naissance presque miraculeuse se cache quelque chose de beaucoup plus personnel. L’expérience du chanteur comme ambulancier de première ligne nourrit un texte qui parle du temps qui passe, de la perte, des souvenirs et surtout de cette étrange contradiction : la vie est temporaire, mais certaines formes d’amour semblent vouloir lui survivre.
Une idée simple, mais qui prend ici des allures de vertige.
Pour enregistrer « The Game », Dream Robbery a choisi de ne pas trop toucher à ce qui faisait justement la force du morceau. Pas de doublage vocal, pas de grand nettoyage de studio : le groupe a privilégié la prise directe et les imperfections qui donnent au titre son caractère.
C’est d’ailleurs ce qui frappe chez Dream Robbery. Leur musique semble venir d’un autre temps, quelque part entre le rock alternatif des années 90, les envolées psychédéliques et cette tradition britannique qui sait transformer la mélancolie en quelque chose de terriblement séduisant.
The Beta Band, John Martyn, Spiritualized, The Frames, mais aussi des groupes comme The Verve, Black Rebel Motorcycle Club ou The Stone Roses apparaissent en filigrane. Des références qui donnent une idée du terrain de jeu, sans pour autant enfermer le trio dans une case.
Car Dream Robbery a surtout cette qualité assez rare : ils jouent comme s’ils avaient quelque chose à perdre. Et cela s’entend.
Formé officiellement en 2022, le groupe bénéficie en réalité de plus d’une décennie de complicité musicale. Après cinq singles enregistrés en cinq jours aux Mill Farm Studios et masterisés par le Grammy Award-winning engineer Shawn Joseph, Dream Robbery commence à faire parler de lui bien au-delà du Somerset.
Le groupe a notamment déjà foulé les scènes de festivals britanniques et prépare la suite : retour en studio en 2027 avec l’arrivée d’un nouveau musicien aux claviers et synthétiseurs, session live… et même une série de concerts en Corée du Sud en octobre.
Bref, le cambriolage ne fait que commencer.
Avec « The Game », Dream Robbery livre finalement bien plus qu’un nouveau morceau. Une chanson sur l’amour, la mémoire et la disparition, enregistrée avec suffisamment de spontanéité pour laisser passer les émotions sans filtre.